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Champagne-Ardenne
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Champagne-Ardenne
Une conjoncture économique et sociale dégradée
A l’occasion de la séance plénière du Conseil Economique et Social Régional du 16 octobre 2009, nous avons débattu de la conjoncture économique et sociale de notre région.
L’UNSA Champagne-Ardenne s’est associée à la déclaration commune des organisations syndicales du 2ième collège et à la rédaction de laquelle, elle a participé. (voir déclaration ci-dessous) (à noter également que FO n’a pas voulu s’y associer).
L’UNSA Champagne-Ardenne a rappelé que cette déclaration s’inscrivait dans les actions intersyndicales que nous menions depuis le mois de janvier 2009, pour dénoncer la crise et ses effets, et pour demander des mesures fortes de la part du gouvernement afin de protéger les salariés victimes et non responsables de cette crise.
L’UNSA Champagne-Ardenne a rappelé que cette crise qui a démarré, par une crise financière, s’est traduite très rapidement par une crise économique, puis par une crise sociale.
L’UNSA Champagne-Ardenne a dénoncé, une nouvelle fois, le fonctionnement du monde de la finance. La course aux profits a repris, comme en atteste, les 140 milliards de $, qui vont être distribués sous forme bonus aux USA.
L’argent ne doit pas aller à l’argent, il doit aller à l’économie. Les salariés comme les petites entreprises souffrent de cette situation et plus particulièrement en Champagne-Ardenne dont le tissu économique est fragilisé.
Éric HEBRARD
Secrétaire Régional
UNSA
Champagne-Ardenne
Déclaration commune aux organisations syndicales
UNSA - CGT - CFDT - CFE/CGC - CFTC - FSU
Notre intervention se situe dans le cadre régional, mais nous ne pouvons pas faire abstraction de la situation mondiale et nationale.
La crise économique et sociale est forcement très prégnante dans la situation de la Champagne Ardenne, se traduisant par de nombreuses disparitions des entreprises et des suppressions d’emplois. Le chômage continue d’augmenter atteignant 10 % contre 9,1 % en France métropolitaine. Les chiffres de création d’entreprises sont en trompe l’œil avec principalement des auto-entreprises, créant peu d’emplois et à la durée de vie souvent courte.
Nous assistons aussi à une transformation du tissu économique avec une réduction importante du secteur industriel et le développement relatif du secteur des services. Les industries « traditionnelles » comme la métallurgie, le textile souffrent particulièrement avec la destruction de nombreux emplois. La Champagne Ardenne se désindustrialise et malheureusement peu d’activités offrent de nouveaux débouchés
A cela, il convient d’ajouter la RGPP et les nombreuses restructurations dans le secteur public, réduisant de façon importante l’emploi dans la région affectant fortement certains bassins d’emploi. Cette réduction du service public peut aussi jouer un rôle négatif en termes d’attractivité de la région
Il nous faut aussi constater que les dispositifs mis en œuvre par le gouvernement et le Président de la République, nombreux dans notre région, ne se traduisent pas par une reprise économique, malgré des sommes importantes d’argent public données aux entreprises.
Des équipements importants comme l’aéroport de Paris Vatry, la zone logistique de Chalindrey,… n’ont pas les effets économiques escomptés malgré de nombreux investissements publics.
Nous n’entendons, bien sur, pas exonérer les entreprises et leurs actionnaires de leurs responsabilités dans cette situation.
Nous voyons aussi que des entreprises, ayant pourtant un taux de marge non négligeable et recevant de l’argent public, ferment comme par exemple Nexans dans les Ardennes.
Nous estimons que les aides publiques doivent répondre à des critères précis, visant par exemple au développement durable, et faire l’objet d’une évaluation en termes de retombées économiques, de création d’emplois. Cette évaluation doit être réalisée à plusieurs moments ( Court Terme et Moyen et Long Terme) et doit reposer sur des indicateurs pertinents, mesurables et durables dans le temps.
La Champagne Ardenne souffre aussi d’éléments négatifs : population en baisse, trop peu d’étudiants et de cadres, une certaine paupérisation du salariat régional avec une responsabilité importante du patronat au niveau des salaires, peu de grosses entreprises et de sièges sociaux,…
La future réforme des collectivités territoriales avec notamment la création de métropoles pourrait être un point négatif supplémentaire pour notre région qui n’en comportera pas et sachant que d’une façon générale l’effet métropolisation se traduit par une concentration de la richesse.
Face à cette situation, nos organisations syndicales ne sont pas résignées mais elles entendent jouer tout leur rôle.
L’avenir de notre région passe bien évidement par la relance de l’emploi dans les secteurs en extension comme les services mais aussi dans l’industrie. Nous sommes conscients des difficultés en cette matière et de la nécessité d’axer ce développement sur des industries « nouvelles » prenant en compte les atouts existants ou à développer dans notre région. Cela se traduira par des emplois différents de ceux existants, entraînant un besoin de formation. Cette ré-industrialisation ne se fera cependant pas dans un désert économique, d’où la nécessité de conserver un tissu industriel le plus dense possible.
La formation initiale et professionnelle fait partie des atouts potentiels. Nous prenons acte des efforts du Conseil régional en la matière. Il nous parait nécessaire d’avoir de véritables synergies entres les établissements d’enseignement supérieur de la région, notamment autour d’un PRES, en lien avec des établissements d’autres régions, y compris étrangères comme la Wallonie.
Des liens plus étroits doivent être tissés entre les deux pôles de compétitivités dans lesquels la région est engagée, IAR et Matéralia, et avec les pôles d’excellence existants.
Au niveau des pôles de compétitivité, nous constatons qu’actuellement les retombés en termes de création d’entreprises et d’emplois sont assez faibles. Il est important que la recherche qui y est faite se traduise par un développement économique de notre région. Concernant le pôle IAR, nous sommes intéressés à connaître les retombées de l’action entreprise vis-à-vis des Pme de la région en terme d’actions, abouties et en cours, et de leurs impacts sur la création d’emplois, en nombre et qualification.
Ces éléments ne constituent pas les seules pistes possibles pour notre région. Par exemple, la filière bois est évoquée depuis de nombreuses années mais nous constatons peu de concrétisation.
La filière emballage, en lien notamment avec l’industrie du verre et les activités existantes comme le champagne, la pharmacie, la chimie, devrait faire l’objet d’un plus grand développement.
L’agriculture, malgré ses difficultés actuelles, offrent de toute évidence des potentialités de transformation non encore exploitées.
Les secteurs en développement dans le domaine du »durable » constituent aussi de pistes à explorer, même si par exemple secteur de la déconstruction ne semble pas offrir de vraies opportunités.
La question du financement est, en particulier avec la crise, un élément important et nous tenons à souligner le rôle essentiel du secteur bancaire, rôle qu’il ne joue pas de façon satisfaisante actuellement.
Cela passe aussi par la création de fonds régionaux pour le développement économique et l’emploi.
Enfin, nous voulons souligner, en plus des éléments déjà évoqués, que l’attractivité de notre région passe aussi, et sans être exhaustif, par :
- Des infrastructures modernes, tout en sachant qu’une infrastructure est une condition nécessaire mais pas suffisante pour le développement
- Un environnement et un cadre de vie attirants
- Une offre immobilière en lien avec le développement souhaité
- Des niveaux de qualification et de rémunération plus attractifs.
La Région a toute sa place à jouer dans ces propositions de développement économique, social et environnemental de la Champagne Ardenne, action régionale qui pourrait se traduire en termes d’orientations budgétaires.