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Mardi 7 juin 2011 2 07 /06 /Juin /2011 16:52

Les parties  les plus précarisées du salariat étaient qualifiées de « cancer de la société française » par   Laurent Wauquiez, ministre en charge des affaires européennes, le 8 mai sur RMC.

Dans un entretien à « La voix du Nord » de ce mardi, Jean François Copé reprend pour son compte cette proposition. Le gouvernement Sarkozy nous avait habitués aux dérapages en tout genre et aux petites phrases chocs suscitant l’indignation.

 

Après s’en être pris aux citoyens d’origine étrangère et aux jeunes des cités, c’est maintenant, aux plus pauvres que le gouvernement s’attaque. Laurent Wauquiez ne propose rien de moins que de revoir en profondeur notre système d’aide sociale, coupable selon lui d’entretenir le chômage et de « coûter » beaucoup trop cher à l’État.

« Tous ces assistés qui plombent la croissance, ces fainéants qui ne travaillent pas et qui cumulent les aides sociales, il est temps d’en finir! ». Mr Wauquiez souhaite mettre un terme à cette situation en supprimant le cumul des aides sociales et  propose de faire travailler 5 heures gratuitement les allocataires du RSA, soit plus de 1,8 millions de salariés.

 

Pour Copé, les bénéficiaires du RSA devront faire entre 5 et 10 heures « d’activités d’utilités sociales » sous peine de voir leurs ressources diminuées.

Dernière mesure, le minimum vieillesse ne serait accordé aux étrangers que s’ils déclarent avoir travaillé au minimum 5 ans sur le territoire. 

Le gouvernement et sa majorité politique  continuent ainsi leur politique de stigmatisation et de casse sociale avec comme objectif de diviser les salariés.

Le Président de la République pense qu’il ne pourra espérer remporter la prochaine élection présidentielle qu’en jouant sur la peur et en désignant des boucs-émissaires.

 

L’objectif est bien connu : diviser pour mieux régner. Diviser les salariés entre eux, créer l’illusion d’une divergence d’intérêts entre ceux qui travaillent pour gagner à peine de quoi s’en sortir et ceux, de plus en plus nombreux, qui, exclus du marché du travail ou dans l’incapacité de vivre de leur salaire, bénéficient d’aides sociales.

Bref, opposer les salariés aux chômeurs.

 

Cette attaque est révélatrice de la volonté du gouvernement de démanteler le système de protection sociale français, et de finir son travail de libéralisation de la société. Le ballon d’essai du mois de mai de Wauquiez sera-t-il transformé en juin par Copé? Le Premier Ministre fait mine d’être contre mais, depuis 2007, souvent ces « écarts de langages » se transforment en articles de Loi.

 

A un an de la présidentielle, le gouvernement s’engage dans la bataille des mots. En parlant d’assistanat Laurent Wauquiez ne commet pas une erreur de formulation, au contraire, il participe au développement de l’idéologie dominante qui veut que l’on ne parle plus de cotisation sociale, mais de « charge », ni de protection sociale, mais d’« assistanat ». Les mots ont un sens et il le sait très bien.

Laurent Wauquiez, en parlant d’assistanat, sous-entend implicitement qu’un chômeur ou un bénéficiaire du RSA se complaît dans sa situation et que notre système d’aide sociale maintient cette situation. C’est le retour d’un des dogmes libéraux les plus éculés : la notion de chômage volontaire.

Pour les libéraux, le chômage est dû au fait que les individus sont amenés à faire un choix entre leur temps de travail et de loisir.

Pour ce meêms libéraux, si les gens ne trouvent pas d’emploi, c’est parce qu’ils demandent un taux de salaire supérieur au taux de salaire d’équilibre du marché. Ils sont donc rationnellement conduits à faire un calcul « coût/avantage » entre les avantages du travail (le salaire, la sociabilité) et ses désavantages (le coût des transports, le renoncement aux loisirs, la perte d’éventuelles aides sociales) et décident alors volontairement de rester sans emploi. Plus simplement, les gens sont au chômage parce qu’ils n’acceptent pas les conditions du marché et préfèrent ne pas travailler tout en restant entretenus par l’État.

 

Cette analyse est bien sûr erronée.

Si nous sommes aujourd’hui face à un taux de chômage si important, c’est en raison de la nécessité qu’a le capitalisme d’entretenir une armée de réserve, ainsi que de la violence de ses crises cycliques, bref, du sur-travail qu’il impose à une partie des salariéset non en raison d’un manque de volonté des chômeurs.

 

Toutes ces théories sont à l’opposé du modèle social que nous voulons. Un modèle solidaire, un modèle qui protège, un modèle qui offre du travail à toutes et tous.

Nous dénonçons avec force et conviction le modèle économique libéral, qui loin de libérer, asservi et stigmatise, oppose les chômeurs à ceux qui ont du travail.

 

Eric HEBRARD

Secrétaire Régional

UNSA Champagne-Ardenne

 

Par UNSA Champagne-Ardenne - Publié dans : Société - Communauté : UNSA
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