Lundi 7 septembre 2009
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La question de l'École, n'est pas une simple question seulement destinée aux spécialistes que seraient les seuls enseignants. Cette question est majeure pour un pays, tous ces citoyens
et son avenir.
Depuis des années, les gouvernements successifs, n'ont eu de cesse de rechercher dans l'Education Nationale et dans son budget, une source d'économie, sans réelle vision d'avenir pour notre pays et
ceci au détriment de sa jeunesse et des conditions de travail des personnels.
Monsieur le Ministre serez-vous comme vos derniers prédécesseurs, le Ministre de l'économie bis, ou aurez-vous le courage d'être un vrai ministre de l'Education Nationale, ambitieux pour l'École de
notre pays parce que :
Oui, Monsieur le
ministre :
un pays qui croit en son avenir est un
pays qui investit dans l’éducation !
Nous constatons en cette rentrée 2009 les graves conséquences de
la crise financière et économique en France. La hausse exceptionnelle du chômage et de la précarité accompagnée d’un désengagement progressif de l’Etat vis-à-vis des services publics provoquent
une véritable crise sociale.
Dans un tel contexte, un grand service public laïque d’éducation
est une chance. Pourtant, il est
victime de la politique dangereuse du gouvernement : l’appauvrissement de l’Ecole, la suppression de 50 000 postes dans l’Education nationale depuis 2002, la suppression de la carte scolaire, l’abandon de
l’Education prioritaire, les menaces sur la maternelle… accentuent inlassablement les inégalités dans notre société et font peser sur les collectivités territoriales des obligations qui relèvent
de l’Etat.
Les organisations signataires ne peuvent accepter la
programmation de 16 000 suppressions supplémentaires à la rentrée 2010. Elles demandent un changement conséquent de la politique de l’emploi public avec un arrêt des suppressions de postes et la
mise en place d’un plan pluriannuel de recrutement, mais aussi l’abandon de la politique menée vis-à-vis de la carte scolaire.
Les affirmations sur la nécessité d’investir dans l’Education et
de réduire les inégalités doivent se traduire par des décisions en rupture avec les politiques menées ces dernières années.
Après deux années durant lesquelles l’Ecole a été brutalisée, il
est temps de renouer un réel dialogue constructif avec l’ensemble de la communauté éducative pour une école qui assure la réussite de tous et connaisse une nouvelle vague de démocratisation. Cela
signifie qu’il faut traiter de façon ambitieuse la préparation du budget 2010, la formation des enseignants, les remplacements, la place de l’école maternelle, primaire et du collège, les
programmes et les pratiques, le rôle des associations complémentaires… L’orientation scolaire doit être un levier pour la réussite des jeunes via un service public d’orientation de
l’Education nationale doté de moyens importants et de personnels qualifiés.
Tous ces dossiers doivent être ré-ouverts.
Ainsi le processus de réforme du Lycée doit être relancé sans
précipitation. Le calendrier fixé par le ministre est trop court pour construire la réforme ambitieuse que la communauté éducative attend, d’autant plus indispensable que la société est en
crise.
Alors que Luc Chatel affirme agir dans « un esprit de
dialogue et de concertation » les organisations signataires de cet appel, lui demandent d’ouvrir dès la mi-septembre 4 chantiers de réflexion et de travail sur :
- L’accès et la réussite d’un plus grand nombre de jeunes au Lycée et
l’orientation scolaire.
-
Des contenus et des pratiques pour une nouvelle vague de démocratisation du lycée.
- Un lycée qui ne soit pas seulement un lieu d’étude mais qui soit aussi un véritable lieu de vie et d’apprentissage de la citoyenneté et de l’intégration.
- Une réforme qui permette à un maximum de jeunes d’accéder à l’enseignement supérieur et d’y réussir.
Sur tous ces points, les organisations signataires s’adressent
solennellement au ministre de l’Education nationale pour qu’il entende et mette ses actes en conformité avec ses paroles en donnant sans tarder de premiers signes concrets et en ouvrant les
discussions nécessaires.
Elles se retrouveront à la fin du mois pour faire le point et
évaluer la situation et les réponses du ministre.
Ne rajoutons pas à la crise économique celle de
l’Education :
investissons pour
elle !
Liste des premiers
signataires :
CEMEA, CRAP-Cahiers pédagogiques,FAEN ,FCPE, FEP-CFDT, FERC-CGT, FOEVEN, FSU, GFEN, ICEM-Pédagogie Freinet,
La JPA, La Ligue de l’enseignement, SGEN-CFDT, UNEF, UNL, UNSA Education